La Roque déjantée ?

Ce mardi 30 juillet à la Roque d’Anthéron, il s’est passé un évènement musical peu ordinaire. En première partie de la Nuit du Jazz, Roberto Fonseca assura avec brio ses héritages musicaux cubains et africains. Les applaudissements continus et nourris témoignaient d’un fort consensus.
La surprise pour les spectateurs fut la deuxième partie avec la prestation du “Shibuza Shirazu Orchestra” . Le dit consensus se brisa au bout d’une dizaine minutes: de nombreux spectateurs quittèrent alors la salle en flux discret mais continu.
Alors pourquoi  sommes-nous restés?
Première raison: dans le cadre du Festival International de Piano nous étions preneurs de cette offre musicale nouvelle annoncée “phénomène musical et visuel comme seul le Japon peut en inventer”
Deuxième raison: Nous n’avons pas été déçus, loin s’en faut. Même si à quelques moments la sono frisait l’insupportable, nous avons assisté à un spectacle plein d’inventivité, de création, d’enthousiasme et où la magie opère  si l’on accepte de se laisser embarquer…
Merci donc à Monsieur René Martin, Directeur du Festival, pour cette programmation audacieuse et incongrue dans le cadre de ce Festival de Piano.

 

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Théorbe, cornet à bouquin et tarentelles

Spécialiste de musique ancienne, Christina Pluhar a fondé en 2000 l’ensemble  l’Arpeggiata. Ce jeudi 18 juillet cette formation était au Théâtre des Carrières du village des Taillades; à deux pas de Maubec. Issu de l’album musical “Méditerranéo”, le concert enchaîne une sélection de chants et tarentelles provenant d’Italie, de Grèce et d’Espagne soutenus par des instruments de musique peu connus comme le théorbe et le cornet à bouquin. Soirée exceptionnelle par la qualité des musiques proposées et des interprètes musiciens, chanteurs et danseuse. Ce voyage musical à travers la méditerranée aurait pu figurer au programme de Marseille Provence 2013, Capitale Européenne de la Culture. Ce n’est pas le cas, dommage! Ce passé revisité par l’ensemble l’Arpeggiata est sacrément moderne et endiablé.

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Du noir pour l'été …

Longtemps ’mauvais genre’, la littérature policière est enfin reconnue pour ses réelles qualités. Des journées entières de lecture passionnante !

 Caryl Férey a été remarqué pour ses romans Haka et Utu qu’ils situaient en Nouvelle-Zélande, et Zulu, évoquant l’Afrique du Sud. Nouveau changement de continent avec Mapuche (Gallimard 2012). A Buenos Aires, quelques dizaines d’années après la fin de la dictature et à la sortie de la crise financière, Jana, une jeune Indienne mapuche, et Ruben, rescapé de l’Ecole de Mécanique de la Marine devenu détective se trouvent fortuitement confrontés aux anciens bourreaux et à leurs amis influents. Des travestis sont torturés et mutilés avant d’être achevés, une photographe disparaît. Les mères et grands-mères de la place de Mai cherchent sans relâche les enfants enlevés à leurs parents biologiques, les bourreaux pratiquent encore la torture comme aux heures les plus sombres de l’histoire de l’Argentine, les fantômes de l’oppression rôdent, entre silence, délation, corruption.
Mapuche est une histoire d’amour dont la ferveur permet de supporter les horreurs de la barbarie, de la violence, de la vengeance. Dans un entretien, Caryl Férey dit n’avoir rien inventé : c’est ici.

 Dave Robicheaux est le personnage de prédilection de James Lee Burke. Dans Swan Peak (Rivages 2012, traduit par Christophe Mercier), le dix-septième volet dont on dit ici qu’il est le meilleur de la série, Robicheaux, sa femme Molly et son inséparable ami Clete Purcel se sont installés provisoirement dans le Montana après l’ouragan Katrina qui a dévasté la Louisiane. Purcel est pris à parti par des sbires travaillant pour un entrepreneur fortuné et peu scrupuleux, tandis que des crimes sordides sont perpétrés dans les environs.
Impossible de résumer ce roman foisonnant dans lequel le passé des personnages est la cause de leurs malheurs actuels. Désespoir et violence les habitent. Prison, torture, guerre, viol mais aussi tendresse, musique et espoir ténu, rien n’est étranger à la plume de James Lee Burke. Dans le territoire magnifique du Montana se tisse une intrigue complexe où chaque protagoniste est le reflet de l’humanité, horreur et beauté confondues. 

 A l’instar de Dave Robicheaux, le commissaire Erlendur est le personnage récurrent des romans d’Arnaldur Indridason. Mais il était éloigné des dernières enquêtes parues. Un livre entier lui est consacré aujourd’hui : Etranges rivages (Métailié 2013, traduit par Eric Boury).
Tourmenté toute sa vie par la mort de son jeune frère perdu dans la lande islandaise aux portes de l’hiver, Erlendur revient dans la maison de son enfance et cherche dans les montagnes des traces du passé. En même temps que son histoire personnelle ressurgit le souvenir d’événements tragiques qui se sont déroulés dans la région. Dans les villages défigurés par l’installation de nouvelles usines, Erlendur visite, interroge, enquête. Les habitants préservent les secrets. Mais ce que découvre Erlendur est glaçant.
Le site des Editions Métailié recense de multiples avis parus sur ce dernier roman tandis qu’ici se trouve une interview d’Arnaldur Indridason à propos de son héros.

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"Mon île de Montmajour"

 
  Sur la route d’Arles à Fontvieille, il est un magnifique lieu pour les expositions: l’abbaye de Montmajour. Cette année Christian Lacroix est le commissaire et le scénographe de l’exposition “Mon île de Montmajour”. La confrontation des travaux de divers artistes et  plasticiens contemporains (verre, peinture, photographie, couture …) avec l’architecture de l’abbaye est une belle réussite.
La visite en est des plus agréables et elle pourra s’effectuer jusqu’au 3 novembre 2013. La vidéo ci-dessous regroupe quelques photos prises lors de notre parcours en ces lieux.
N’oubliez pas de mettre le son, Youn Sun Nah accompagne les images de sa voix magique …

 

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Les tulipes d'Istanbul

 Ce dimanche 28 avril, l’avion Airbus A320 en provenance de  Marseille atterrit à l’aéroport Atatürk d’Istanbul. Le couloir qui nous mène  vers la zone de contrôle des passeports est clairsemé de voyageurs déambulants avec nonchalance. A l’approche de l’espace réservé au contrôle des passagers, une foule nombreuse provenant d’autres couloirs, cosmopolite et multicolore se forme. Les turbans, les chapeaux, les foulards, les voiles, les costumes 2 ou 3 pièces, les jupes courtes, les hijabs, les saris, les boubous, les djellabas et autres habits signalent que cet aéroport  est un noeud nodal des plus importants vers l’Asie, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Europe. Les autorités turques vont construire à Istanbul un 3° aéroport qui, vers 2020-2022, devrait accueillir 150 millions de passagers par an et deviendrait ainsi l’aéroport, en terme de passagers, le plus important au monde devant celui d’Atlanta (USA). Nous étions, donc, à Istanbul pour  5 jours… et les tulipes faisaient leur festival !
Le dimanche à Istanbul est la journée de repos hebdomadaire. Les stambouliotes profitent des journées printanières, pendant lesquelles l’herbe  est encore bien verte, pour aller s’allonger, jouer, pique-niquer au bord, soit de la mer de Marmara, soit du Bosphore, soit de la Corne d’Or  soit encore au pied d’une Mosquée. 
 
Le quartier  de Sultanahmet concentre les merveilles architecturales historiques de brillantes civilisations. Il se parcourt aisément à pied. Nous avons pu voir:
- Topkapi Sarayi
 (le palais de Topkapi), résidence officielle des sultans, qui domine la Corne d’Or, le Bosphore et la mer de Marmara. (Pour éviter “la queue” aux guichets, nous avions réservé sur le site http://www.muze.gov.tr/en un pass qui permet d’accéder aux principaux musées de la ville d’Istanbul).
-  Aya Sofya Camii, la  Basilique Sainte Sophie transformée en mosquée au 15° siècle  puis en musée depuis 1935
- Yerebatan Sarayi (le palais englouti- citerne byzantine -)
- Sultan Ahmet Camii (la Mosquée Bleue) bâtie en 1609-1616
- Arkeoloji Müzesi (le Musée archéologique), au sein duquel le musée de la céramique occupe un agréable pavillon du 15° siècle  et qui mérite le détour.
- Süleymaniye Camii (la Mosquée de Soliman), Mimar Sinan,l’architecte de Soliman le magnifque (16° siècle), réalisa là l’un de ses chef d’œuvre.

 A
partir de l’embarcadère d’Eminönü,
-  Il est agréable de faire une
croisière sur le Bosphore, couloir maritime de 32 km entre l’Europe et l’Asie et qui relie la mer Noire à la mer Marmara. Les deux rives sont urbanisées avec beaucoup de diversité, mais comme partout, le bord de mer est le plus prisé.
- de prendre un bateau qui, par la Corne d’Or, va à Eyüp et de débarquer à Ayvansaray pour monter à pied vers Kariye Camii (Saint-Sauveur-in-Chora) où des mosaïques et fresques de l’âge d’or de Byzance nous attendent.

Mais on peut aussi  parcourir les bazars d’Istanbul  et s’arrêter ici et là pour déguster döners kebabs, loukoums et baklavas!

(les mots soulignés sont des liens hypertextes qui permettent d’accéder aux photographies, cliquez sur la première et ensuite sur “diaporama” au-dessus de la photo)

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Complique pas…

 France Inter reçoit du lundi au vendredi vers 8h55 un humoriste. Le plus talentueux est, sans conteste, François Morel. Ce vendredi 19 avril Gilles Jacob, Président du Festival de Cannes était l’invité principal de la matinale de cette radio. Le  billet d’humeur de François Morel de ce matin interpelle l’invité pour mieux “étriller” F.B ….

Cliquez dans l’image pour accéder au billet.

 

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Coups de coeur

 Quand le talent des écrivains rencontre la curiosité des éditeurs – et la compétence des traducteurs –,  il en résulte des livres passionnants. 

 Depuis 2006, les éditions Gallmeister publient les œuvres d’écrivains américains. Ron Carlson est l’un d’eux. Professeur de littérature à l’Université de Californie, il est connu aux Etats-Unis pour ses nouvelles et romans qui donnent une large place à la nature du grand Ouest. Sa singularité réside dans la force, la détermination de ses personnages, confrontés à des situations qu’ils ne cherchent pas à fuir. Traduits par Sophie Aslanides, deux romans ont été publiés en français, Le signal (2011 puis 2012 en poche, collection Totem) et Cinq ciels (2012).
Le signal raconte la dernière randonnée d’un couple qui se sépare. Lui, Mack, sort de prison et entame cette marche en gardant secrète une ultime mission douteuse grâce à laquelle il espère se sauver d’une faillite financière. Sa femme, Vonnie, vit déjà avec un autre homme, riche avocat connu pour quelques transactions louches. Tentant de retrouver une complicité perdue, ils vont se heurter l’un l’autre et devoir affronter des individus inquiétants et dangereux.
Quant à Cinq ciels, c’est le récit de la construction par trois hommes d’une scène de rodéos de motos dans un canyon. Au-dessus du vide, le défi est immense. Les nombreuses descriptions techniques de la construction, d’une précision presque obsessionnelle, sont comme un écho à la confrontation des hommes entre eux, à celle que chacun mène face à son passé et aux relations qu’ils nouent autour d’eux.
Ce sont deux romans puissants, pleins d’humanité, de fierté. Sur le site des éditions Gallmeister, l’œuvre de Ron Carlson est présentée ici et .

  Les éditions Liana Levi se risquent régulièrement à publier les premiers romans d’auteurs inconnus. C’est le cas de Lucile Bordes qui signe Je suis la marquise de Carabas (2012). Ce n’est pas une fiction puisque la narratrice évoque l’histoire de sa famille. Son ancêtre fut en 1850 le créateur du Grand Théâtre Pitou. Deux générations de marionnettistes forains ont parcouru les routes, installé la scène et tiré les fils des marionnettes dans des spectacles dont ils créaient le texte et les acteurs. La troisième génération, au début des années 1920, s’est lancée dans la projection de films muets, accompagnés de musique et de bruitages. Mais la lassitude de la vie nomade et quelques déboires ont découragé le grand-père de l’auteure qui s’est résolu à vendre son enseigne. Il n’a conservé du passé que le piano, des partitions de films muets et l’acte de vente du théâtre qu’il s’en va consulter régulièrement et en secret à la banque où il l’a enfermé dans un coffre.
Poésie et nostalgie animent ce livre magique, émouvant, léger. Le Musée Gadagne à Lyon conserve les marionnettes et les décors du Grand Théâtre Pitou. Il se visite ici où l’on trouve une fiche au format PDF sur « les Pitou, une dynastie de marionnettistes forains » : choisir ‘Ressources’ dans le menu, puis ‘Fiches de salle’. Quelques photos des décors magnifiques du théâtre sont .

  Après Là-haut, tout est calme, le deuxième roman de Gerbrand Bakker, traduit du néerlandais par Bertrand Abraham, vient de paraître aux éditions Gallimard.
Le détour est une histoire de rupture, de fuite, d’isolement. Une femme, universitaire travaillant à une thèse sur Emily Dickinson, quitte sa famille, son emploi, son pays et s’en va vivre, recluse, dans une ferme isolée au Pays de Galles. Pour compagnie, elle a un troupeau de dix oies, qui disparaissent l’une après l’autre comme les dix petits nègres d’Agatha Christie. Pour horizon, elle a la mer, un cercle de pierres où elle observe un blaireau et le village où elle s’approvisionne. Pour visiteurs, elle aperçoit le fermier voisin qui la surprend inopinément et elle héberge un jeune randonneur et son chien. Désormais, elle ne sera plus tranquille.
L’éditeur présente ici le roman dont les premières pages sont disponibles à la lecture.

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Le tintamarre passé…

                                                              La manifestation de dimanche a reuni à Paris une foule importante mais des plus hétéroclite: intégristes religieux, politiciens en mal de victoires, “people” à la recherche  de médiatisation, braves gens projetant leurs fantasmes et conservateurs de ‘tout poil’. La démocratie a un avantage sur les autres régimes: elle permet à tous les points de vue de s’exprimer, même les plus retardataires. Maintenant que le tintamarre est passé et que la loi modifiant le mariage sera présentée à la fin du mois au Parlement, espérons, enfin, que l’argumentation des partisans de cette loi émergera. C’est pourquoi, parmi tant d’autres textes aussi pertinents, j’ai retenu ceux de Jean-Paul Cluzel, paru dans le journal “Le Monde” du 12 janvier et intitulé “Gay, catholique et libéral”, pour le lire, cliquez ici et celui de Danièle Hervieu-Leger paru le 14 janvier dans le même journal et intitulé “Le combat perdu de l’Eglise”, pour le lire cliquez ici.

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Black Bear – Shenandoah Park -

Au Shenandoah National Park (USA) , les ours hibernent, mais d’un oeil … Le nouvel an est là!

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Avant les voeux …

FLORANGE Le  Conseil Constitutionnel a censuré l’article de la la loi de finances pour 2013 prévoyant la taxation à 75% des revenus d’une personne gagnant plus d’un million d’euros par an au motif que l’impôt sur le revenu est établi par foyer fiscal et non par personne (sauf cas bien précis prévu par la loi) . Aucun fonctionnaire ayant suivi l’enseignement de l’Ecole Nationale des Impôts ne ferait cette erreur! La décision était donc courue d’avance. Au point où l’on peut se demander si cette mesure “emblématique”  n’était pas uniquement du “buzz” électoral.
Dans la même catégorie des effets d’annonce, il y a eu la question de l’emploi dans les accords Ayrault - Mittal à propos de Florange.  En effet “Il n’y aura pas de plan social parce que la pyramide des âges de l’usine conduira au départ naturel de plus de 600 personnes en trois ans” écrit, le 27 décembre,  Edouard Martin dans sa lettre ouverte au Président de la République. Où est donc, dans ce dossier, le maintien de l’emploi ?
Avant les voeux du Président de la République, prenez le temps de lire la lettre d’Edouard Martin . L’argumentation est solide.
Alors Monsieur le Président, avant les voeux,  vous l’avez lue ?

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