Y'en a pas un sur cent, et pourtant ils existent …

Voici donc venu le temps des commémorations mémorielles de  la guerre de 14-18, “La Grande Guerre” comme disent les historiens et l’on va, durant une année entière, célébrer la gloire, les heurs et les malheurs de nos soldats. Il serait bon cependant de ne pas oublier ceux qui n’acceptèrent pas ce qui se profilait à l’horizon – à savoir une atroce boucherie -.
Les anarchistes de la région rémoise suivant l’appel de la IIème Internationale, dite aussi Internationale Ouvrière et qui avait déclaré lors du congrès extraordinaire de Bâle le 25 novembre 1912  le célèbre “Guerre à la guerre”, ces anarchistes donc, devant l’échec de la grève générale des prolétaires, tentèrent par leurs faibles moyens de stopper le conflit. L’idée était toute simple: si les soldats envoyés au front ne pouvaient s’y rendre, le conflit n’aurait pas lieu.
Ces pacifistes décidèrent dés le mois de septembre de bloquer les trains qui montaient au front et qui passaient par la gare de Reims. Ils se couchèrent sur les voies, obligeant ainsi les gendarmes à dégager par la force les rails. Relayants leurs camarades arrêtés, d’autres anarchistes venaient à leur tour s’allonger devant les trains. Le trafic ferroviaire fut bloqué durant de longues heures…
Les anarchistes arrêtés furent alors regroupés et envoyés dans des bataillons disciplinaires… Et comme de bien entendu, ces bataillons  furent les premiers à partir, dés le début de la guerre, pour des missions “suicides”. Bien peu eurent la chance d’en réchapper et le mouvement anarchiste de la région de la Marne et des Ardennes fut ainsi décapité!
Non, ils ne furent pas “fusillés pour l’exemple”, ils n’apparaitront dans aucune commémoration, vous n’en entendrez pas parler, ils ont disparu dans les hoquets de la Grande Histoire.