Du noir pour l'été …

Longtemps ’mauvais genre’, la littérature policière est enfin reconnue pour ses réelles qualités. Des journées entières de lecture passionnante !

 Caryl Férey a été remarqué pour ses romans Haka et Utu qu’ils situaient en Nouvelle-Zélande, et Zulu, évoquant l’Afrique du Sud. Nouveau changement de continent avec Mapuche (Gallimard 2012). A Buenos Aires, quelques dizaines d’années après la fin de la dictature et à la sortie de la crise financière, Jana, une jeune Indienne mapuche, et Ruben, rescapé de l’Ecole de Mécanique de la Marine devenu détective se trouvent fortuitement confrontés aux anciens bourreaux et à leurs amis influents. Des travestis sont torturés et mutilés avant d’être achevés, une photographe disparaît. Les mères et grands-mères de la place de Mai cherchent sans relâche les enfants enlevés à leurs parents biologiques, les bourreaux pratiquent encore la torture comme aux heures les plus sombres de l’histoire de l’Argentine, les fantômes de l’oppression rôdent, entre silence, délation, corruption.
Mapuche est une histoire d’amour dont la ferveur permet de supporter les horreurs de la barbarie, de la violence, de la vengeance. Dans un entretien, Caryl Férey dit n’avoir rien inventé : c’est ici.

 Dave Robicheaux est le personnage de prédilection de James Lee Burke. Dans Swan Peak (Rivages 2012, traduit par Christophe Mercier), le dix-septième volet dont on dit ici qu’il est le meilleur de la série, Robicheaux, sa femme Molly et son inséparable ami Clete Purcel se sont installés provisoirement dans le Montana après l’ouragan Katrina qui a dévasté la Louisiane. Purcel est pris à parti par des sbires travaillant pour un entrepreneur fortuné et peu scrupuleux, tandis que des crimes sordides sont perpétrés dans les environs.
Impossible de résumer ce roman foisonnant dans lequel le passé des personnages est la cause de leurs malheurs actuels. Désespoir et violence les habitent. Prison, torture, guerre, viol mais aussi tendresse, musique et espoir ténu, rien n’est étranger à la plume de James Lee Burke. Dans le territoire magnifique du Montana se tisse une intrigue complexe où chaque protagoniste est le reflet de l’humanité, horreur et beauté confondues. 

 A l’instar de Dave Robicheaux, le commissaire Erlendur est le personnage récurrent des romans d’Arnaldur Indridason. Mais il était éloigné des dernières enquêtes parues. Un livre entier lui est consacré aujourd’hui : Etranges rivages (Métailié 2013, traduit par Eric Boury).
Tourmenté toute sa vie par la mort de son jeune frère perdu dans la lande islandaise aux portes de l’hiver, Erlendur revient dans la maison de son enfance et cherche dans les montagnes des traces du passé. En même temps que son histoire personnelle ressurgit le souvenir d’événements tragiques qui se sont déroulés dans la région. Dans les villages défigurés par l’installation de nouvelles usines, Erlendur visite, interroge, enquête. Les habitants préservent les secrets. Mais ce que découvre Erlendur est glaçant.
Le site des Editions Métailié recense de multiples avis parus sur ce dernier roman tandis qu’ici se trouve une interview d’Arnaldur Indridason à propos de son héros.

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  1. BORIES #

    Bonjour François,
    Merci pour cette rubrique littéraire très bien faite. Grâce à elle, Sylvain et moi-même avons passé des heures de lectures agréables et enrichissantes.

    Je vais recommander ce site à des amis