Parmi les cadeaux

Ce sont des livres qui se sont glissés dans les entrefilets plutôt qu’à la une des pages de l’automne littéraire. Qu’ils soient tragiques ou foncièrement optimistes, qu’ils évoquent les affrontements de la vie quotidienne ou l’amour perdu, ils ont leur place parmi les cadeaux.

 Tragique et prémonitoire, le roman de François Vallejo, Métamorphoses (Viviane Hamy 2012). Bien avant que l’actualité ait à s’occuper de l’affaire Merah, l’auteur disséquait, décortiquait, analysait en profondeur les parcours parallèles de deux jeunes gens : celui d’un scientifique, allant de la liberté au fanatisme, et celui de sa demi-sœur, du déni à la résignation.
Pierre Assouline démontre ici la valeur de ce roman puissant et singulier, tandis que on peut faire connaissance avec l’auteur à travers une interview datant de 2010.

 D’un ton résolument combatif, les nouvelles de Claire Keegan dans A travers les champs bleus (Sabine Wespieser 2012). Elles évoquent en Irlande le destin de femmes obstinées qui refusent la fatalité de leur condition, le désarroi des hommes dont le pouvoir, indiscutable jusqu’ici, est combattu, la fragilité de l’enfance que les unes et les autres tentent de sauvegarder.
Claire Keegan est ici l’invitée de l’émission « Pas la peine de crier » sur France Culture (l’entretien commence à 18’30’’). 

Une histoire d’amour au fil de l’Histoire du XXe siècle : c’est le roman d’Alex Capus, Léon et Louise (Actes Sud 2012). Il retrace la vie du grand-père de l’auteur. Léon rencontre Louise à la fin de la Première Guerre mondiale, la perd aussitôt, fonde une famille sans oublier son premier amour, mène une carrière de fonctionnaire au Quai des Orfèvres pendant l’Occupation, retrouve Louise après la Libération. Entre humour et nostalgie, deux vies tendues vers un amour impossible.
Dans son blog, Marie-Dominique Godfard présente avec tendresse ce roman attachant. C’est ici.

 Franchement optimiste, le roman d’Audur Ava Olafsdottir, L’Embellie (Zulma 2012). L’auteure islandaise avait enchanté ses lecteurs avec Rosa Candida (Zulma 2010). Elle récidive en racontant le voyage d’hiver dans l’île d’une jeune femme abandonnée le même jour par son mari et son amant et qui se voit confier la garde de l’enfant de sa meilleure amie. Ce dernier, Tumi, est presque sourd, très myope. Ensemble au milieu des intempéries, ils vont de péripéties en rencontres, nouent et dénouent des relations, avec légèreté et détermination. C’est irrésistible.
Les éditions Zulma présentent ici l’auteure, ses romans et des liens vers des émissions de radio et de télévision qui lui sont consacrées.

 

 Heureuses fêtes ! Bonne lecture !