Arts, Littérature, Cinéma

La lumière, en haut, à gauche et en diagonale !

La lumière, en haut, à gauche et en diagonale, c’est à cette technique picturale et à d’autres caractéristiques  que l’on reconnait l’apport de Michelangelo Merisi dit Caravage . Le musée des Augustins à Toulouse et le musée Fabre à Montpellier nous proposent une  exposition  portant sur le caravagisme européen. Le premier (Toulouse) traite des caravagismes flamand et hollandais, le deuxième (Montpellier)  nous invite aux caravagismes italien, français et espagnol. Ensuite, une synthèse de ces deux expositions sera présentée dans deux musées américains à Los Angeles et Hartford.
Hier, nous avons parcouru l’exposition présentée à Montpellier. La coopération  entre ces musées et le “French Régional American Museum Exchange” a permis de mettre à la disposition du public des oeuvres majeures du caravagisme.  La visite est recommandée.
Attention! L’exposition n’est accessible que jusqu’au 14 octobre 2012
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Roberto Fonseca

                                                                         Toujours dans le cadre du festival de piano de la Roque d’Anthéron, ce lundi 30 juillet, nous avons assisté  au concert de Roberto Fonseca . Avec lui, le terme “word music” s’applique pleinement à la musique de Jazz qu’il crée et  interprète . Formé à l’école cubaine, il croisa sur sa route des musiciens du groupe “Irakere” et Ibrahim Ferrer.  Fervent partisan du  dialogue  des  cultures musicales,  sa dernière production est marquée par une présence chaleureuse venue d’Afrique ( voix du magreb, musicien du Mali, gnawa du Maroc …)  et toute en communion, voire en fusion, avec la musique cubaine. Dans la lignée des “Eddie Palmieri”, Roberto Fonseca  unit mélodie, silences et rythmes avec un touché au piano très “son cubano”.

site de Roberto Fonseca :http://www.robertofonseca.com/

 

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Tord Gustavsen Quartet

 Le festival de piano de la Roque d’Anthéron proposait ce vendredi 27 juillet la nuit du jazz. En première partie, Bojan Z donna une prestation moyenne. Heureusement, deux pièces de son répertoire  nous ont permis d’avoir un aperçu de son talent.
Par contre, en deuxième partie, avec le Tord Gustavsen Quartet, ce fut une soirée magique comme ce festival sait en produire. Des musiciens (piano, contre-basse, saxophone et percussions) qui individuellement rivalisent dans l’excellence, et, qui ensemble forment un quartet hors pair. Les cigales, comme d’habitude, étaient de la partie, mais ces gars là, nous ont amené avec brio et subtilité vers les brumes évanescentes du jazz d’humeur “nordique”. 
  Sites :
Tord Gustavsen    -  Festival de piano

  
 
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Eté 2012 – Plongée dans le noir -

A l’été revenu avec ses longues plages de lecture, prenons un bain de littérature policière.

  Le mystère est le signe particulier de TREVANIAN, mystère qu’il a soigneusement entretenu durant toute sa vie d’écrivain. Ses romans en portent la marque : ils suivent une trame narrative qui ne révèle ses fils qu’avec parcimonie. C’est dire que le suspens, maintenu entre les lignes presque autant que dans le cours du texte, demeure entier jusqu’au dénouement. Le lecteur doit toujours rester en éveil. A cet égard, Shibumi (2008) est son œuvre majeure, qui débute en Extrême-Orient et s’achève au Pays basque français. La sanction (2007) et L’expert (2009) mettent en scène le même personnage, Jonathan Hemlock, collectionneur d’art, alpiniste, justicier sans reproche et assassin sans peur. Tandis que Incident à Twenty-Mile (2011) décape le western classique. Toute l’œuvre de Trevanian est publiée aux Editions Gallmeister. Une intéressante postface à La sanction lève le voile sur les aspects mystérieux de l’auteur

   L’œuvre de Dominique SYLVAIN, quant à elle, est moins violente, tournée vers les faits de société et toujours empreinte d’humour. Les enquêtes sont généralement menées par des femmes, personnages récurrents au gré des romans. Le tandem Lola Jost et Ingrid Diesel sévit par exemple dans Passage du désir (2004), L’absence de l’ogre (2007), Manta Corridor (2006) et Guerre sale (2011). Tandis que Louise Morvan, détective privée, mène rondement ses recherches, parallèlement à celles du commissaire Serge Clémenti dont elle reste secrètement l’amoureuse tourmentée. On la suit en particulier dans La nuit de Geronimo (2009), Le Roi Lézard (2012) et Sœurs de sang (2012). Les romans de Dominique Sylvain sont publiés aux Editions Viviane Hamy et repris en collections de poche en « Points Policier » et « J’ai lu ».
Sur son site, elle révèle sa passion pour le Japon, ses goûts et penchants, ses relations avec ses héroïnes. Et ici, les Editions Viviane Hamy présentent sa bibliographie complète.

 

   Autre approche de la littérature policière : les procès, aboutissements ordinaires des enquêtes. Gianrico CAROFIGLIO en connaît parfaitement les rouages : il est magistrat, juge antimafia. C’est donc le point de vue de l’avocat Guido Guerrieri qui prévaut dans Les yeux fermés (Editions Payot et Rivages 2008), évoquant la violence envers les enfants et les femmes, dans Les raisons du doute (Editions du Seuil 2010), où il est question de trafic de drogue et dans Le silence pour preuve (Editions du Seuil 2011), où il s’improvise détective à la recherche d’une jeune fille disparue. Le site en italien de l’auteur est ici.

 

      
    Regard analogue du magistrat dans le dernier roman de Michael CONNELLY, Volte-face (Editions Calmann-Lévy 2012). C’est la révision d’un procès pour le meurtre d’une enfant, à la suite d’un test ADN qui paraît innocenter le coupable condamné près de vingt-cinq ans auparavant. Un site français non officiel est entièrement consacré à Michael Connelly.
Pour d’autres provisions littéraires, rendez-vous aux Quais du polar, dont le festival a décerné récemment ses prix, et sur le site Humeurs noires où Christophe Dupuis, spécialiste du genre, livre régulièrement ses coups de cœur.
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Histoire de la cartographie

     
     Mon intérêt pour la cartographie est constant.  Aussi, je vous conseille de suivre le lien de l’exposition « histoire de la cartographie » proposée par la B.N.F. L’écran d’accueil comporte différents items dont l’activation mène le lecteur vers des vidéos explicatives.
Exemple : en cliquant sur « enjeux de la cartographie » puis sur le symbole «   » situé en haut et à gauche de l’écran , la vidéo se met en route … et les explications  de qualité sont là !
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Printemps 2012 – Bibliothèque ibérique -

Trois auteurs parmi les grands noms de la littérature ibérique viennent d’être traduits en français. Trois œuvres puissantes et singulières, liées à l’Histoire, trois villes, et de multiples destins.

 A Madrid, en 1936, la guerre civile se prépare. Ignacio Abel ne s’en soucie pas, tout occupé par son métier d’architecte renommé et par sa passion pour une jeune Américaine. Les événements autant que sa vie sentimentale le séparent peu à peu de sa famille. Rattrapé par la violence de la guerre en même temps qu’il est invité aux Etats-Unis par un mécène, il part seul, et suit un itinéraire qu’il espère être celui de son amante enfuie. Après plusieurs semaines d’errance pour quitter l’Europe, il se retrouve à New-York. Il a tout laissé derrière lui, il a tout perdu, il est harcelé de remords. Il ignore le sort réservé aux siens, ne porte plus qu’un costume froissé et n’a rien dans sa valise usée pour envisager une nouvelle vie.
Antonio Munoz Molina, né en 1956, évoque dans son roman, Dans la grande nuit des temps, (Seuil 2012, traduction de Philippe Bataillon) une période qu’il n’a pas vécue. En près de 800 pages d’une densité magistrale, il montre comment s’entremêlent dans l’humain le bien et le mal, la fureur et la délicatesse, l’intelligence et la misère, l’espoir et le désarroi. En toile de fond monte la guerre civile, toute cette époque bien réelle avec ses personnages politiques, ses artistes, sa société, ses trahisons.
Antonio Munoz Molina répond ici aux questions de Kathleen Evin, interview d’environ 40 minutes entrecoupée de la lecture d’extraits de ce roman à l’écriture éblouissante.

 C’est à Barcelone que Juan Marsé situe sa Calligraphie des rêves (Christian Bourgois 2012, traduction de Jean-Marie Saint-Lu). La guerre civile est terminée ; la dictature est en place ; la résistance est un secret. Ringo est un adolescent qui observe avec beaucoup d’attention ce qui se passe autour de lui, dans le quartier de Gracia : ses voisins, les gens de passage, son père, officiellement employé des Services municipaux d’hygiène, désinfection et dératisation des lieux publics, qui s’affirme surtout chasseur de rats bleus et anticlérical.
Passionné de musique, Ringo veut devenir pianiste, mais son rêve est anéanti par un accident qui le prive d’un doigt. Il se met alors à écrire, installé à une table du bar Rosales d’où il observe les allées et venues de Violeta, sa jeune voisine, et de sa mère, soignante, masseuse, rebouteuse. Elles sont la part de mystère de ce livre.
Juan Marsé nourrit ses romans de son autobiographie. Son œuvre est la chronique du quartier de son enfance et de sa jeunesse. Ses personnages se débattent dans un quotidien âpre, où la solidarité se mêle d’inquiétude. Ce sont ses parents qui détournent les questions de leur fils, des commerçants, comme le torréfacteur chez qui Ringo travaille la nuit, des passants, des copains. Et tous arpentent des rues sombres, dessinant la géographie de la ville au lendemain de la guerre. Ils sont vivants, ils sont présents, Juan Marsé est l’un d’eux.
Une page consacrée à Juan Marsé se trouve ici.

 Plus loin, plus tard. Nous sommes à Lisbonne en 1987. Dans un garage aménagé en studio de travail, cinq jeunes femmes chantent et dansent. Elles préparent un spectacle de variétés et l’enregistrement d’un disque, sous la direction d’un célèbre chorégraphe. Toutes ont un passé marqué plus ou moins fortement par le colonialisme. Gisela est celle qui les motive et les entraîne avec énergie et non sans manipulation. Les deux sœurs Alcides sortent du conservatoire et sont partagées entre leur carrière et leurs amours. Madalena est noire, sa voix est sublime et sa vie mystérieuse. Solange, la plus jeune, est étudiante et écrit les paroles des chansons que le groupe interprète. Elle est la narratrice de La nuit des femmes qui chantent (Métailié 2012, traduction de Geneviève Leibrich), cette nuit où, vingt ans plus tard, elles ne sont plus que quatre à se retrouver sur un plateau de télévision.
Comme dans ses précédents romans, Lidia Jorge met en perspective la déroute des rescapés du colonialisme. Ici, ce sont des jeunes femmes qui ont vécu dans leur enfance la fin de l’empire colonial et qui en conservent des souvenirs aigus. Elles mettent leur espoir dans une carrière qui semble prometteuse. Entre pouvoir et mensonge se glisse la tragédie que Lidia Jorge dévoile avec beaucoup de profondeur et de subtilité.
Une brève interview de l’auteure se trouve ici.

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Bonne année du Havre …

  Le samedi 31 décembre 2011, à l’heure où le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, parlait aux Français, nous étions au cinéma pour assister à la projection du dernier film d’Aki Kaurismaki: Le Havre. L’un (N. Sarkozy) et l’autre (A. Kaurismaki) aiment à traiter de l’émigration.
Le premier, comme en témoignent  les dernières mesures prises (voir le site notre matière grise est de toutes les couleurs)  se complait dans le rejet et l’exclusion.
Le second, un peu comme Philippe Lioret (dans le film Welcome) se place, mais sans trop d’illusions, dans le champ de la générosité et des rapports humains directs et chaleureux.
La ville du Havre, son port, son centre ville reconstruit, ses derniers quartiers ouvriers servent de cadre à cette jolie fable où domine la couleur bleue déclinée dans ses innombrables nuances. Mais  surgissent aussi le noir (l’émigré, le policier), le jaune (la robe de mariage et celle de la guérison) et le rouge ( la solidarité incarnée ici par le rocker local : Little Bob et d’autres personnages ).
Un excellent film pour débuter une année 2012 qui aura bien  besoin de belles couleurs !
site du film

Bonne année à tous .

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Hiver 2011- Mots et couleurs -

Incursion du côté d’œuvres de longue haleine, d’aventures en épisodes. Pour des cadeaux, peut-être.
   Les mots d’abord. En cinq volumes, Tariq Ali dresse une ample fresque de l’islam. Sous le titre générique de Quintet de l’Islam (Editions Sabine Wespieser), il retrace, au cours du temps, les relations entre islam et christianisme. Plus qu’une évocation de faits saillants, il s’attache à montrer rivalités, jeux de pouvoir et intrigues, à dépeindre le quotidien de personnages singuliers, des plus modestes aux plus illustres, dans leurs loyautés autant que dans leurs lâchetés, à saisir les amours, les alliances, les désillusions. Ce sont cinq romans – dont on peut lire à partir d’ici les remarquables quatrièmes pages de couverture – parfaitement documentés et écrits.
Chacun se situe en un lieu particulier. Un Sultan à Palerme retrace les multiples influences qui ont marqué la Sicile au douzième siècle. Le Livre de Saladin évoque le guerrier qui a décidé de chasser les croisés de Jérusalem. L’Ombre des grenadiers relate la tragique histoire de la reconquête espagnole à Grenade et dans ses environs. Et La Femme de pierre remémore, sur les bords de la mer de Marmara, la fin de l’empire ottoman. Le dernier tome, La Nuit du papillon d’or, récemment paru, fait revivre le Pakistan de la seconde moitié du vingtième siècle, pays d’origine de l’auteur où il a vécu jusqu’au moment de son exil en Angleterre dans les années 1960. Chaque volume peut se lire indépendamment des autres, sans souci de chronologie. Ici se trouve un article sur Le Quintet de l’Islam et un entretien avec son auteur.
 Des mots et des couleurs chez Cosey, auteur suisse de bandes dessinées. Infatigable voyageur, il a parcouru une grande partie de l’Asie et depuis plus de trois décennies, il dessine le personnage de Jonathan – son double. Dans un scénario qui met en scène la société locale, son histoire, ses traditions, il inclut les rencontres et les péripéties de ses expéditions.
Atsuko (Editions du Lombard) est le quinzième volume de la série. Après avoir séjourné en Birmanie (où se situe le volume précédent, Elle (ou Dix mille Lucioles), même éditeur), Jonathan se rend au Japon pour retrouver Atsuko, jeune Japonaise en quête d’informations sur une aïeule, une cousine de sa mère, disparue alors qu’elle cherchait des reliques du Bouddha. C’est l’hiver. Les scènes d’intérieur sont chaudes et vaporeuses. L’extérieur n’est que blancheur de neige et bleu de nuit. Il faut parfois revenir sur ses pas pour ne pas perdre le fil du récit, tant ce dernier est resserré et épuré. Il y a aussi de la musique, les cloches des temples et des haïkus.
Ici, Cosey présente Atsuko et , il évoque longuement son travail dans une interview déjà  ancienne.

   Enfin, tout en couleurs (ou presque) les Dessins et peintures de Claire Bretécher (Editions du Chêne). L’album recense quelques célébrités, Agrippine, Cellulite, Zonzon et des Frustrés. Mais son originalité et son intérêt se trouvent dans sa collection de portraits et autoportraits, émouvants et drôles. C’est une face surprenante du talent de la dessinatrice, éloignée des planches à épisodes, qui révèle un regard tendre et malicieux pour ses modèles, la dérision et la gravité qu’elle attribue à sa propre personne.

 Joyeuses fêtes et bonne lecture !

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Automne 2011 – RETROUVAILLES ET DECOUVERTES -

Entre retrouvailles et découvertes, cette saison littéraire s’annonce passionnante. Au fil du temps, quelques auteurs sont devenus des compagnons. Tandis que se dévoilent de nouveaux venus, par l’entremise des libraires qui sont de vrais passeurs de lecture.

 Sorj Chalandon d’abord. C’est une signature connue de la presse écrite (dans Libération, puis au Canard enchaîné). Il est surtout un amoureux et très fin connaisseur de l’Irlande doublé d’un romancier au ton juste. Dans Mon traître (Grasset 2008), il racontait la trahison d’un membre de l’IRA au profit de l’ennemi britannique. L’ami français du félon cherchait à comprendre et tentait de panser les blessures de la fourberie. Dans Retour à Killybegs (Grasset 2011), le romancier donne la parole au traître. Rien n’est caché de la misère, de la cruauté, de la guerre qui ont gravé leur empreinte dans plusieurs générations d’Irlandais. Le traître ne tente pas de se justifier, il cherche simplement à mettre au jour sa vérité.
Dans un entretien passionnant, Sorj Chalandon parle de l’Irlande, de son ami le traître, de l’écriture de son roman. C’est ici en version longue (50 minutes) et , un résumé et des extraits de l’interview.

 En été 2009, cette chronique présentait Metin Arditi. Il publie aujourd’hui Le Turquetto (Actes Sud 2011). A propos d’une anomalie découverte dans la signature d’une toile, il dépeint d’abord Constantinople au XVIe siècle à travers l’histoire d’un enfant, le petit Turc, passionné d’images et de dessin. Puis c’est Venise où le Turquetto s’est réfugié sous une fausse identité. C’est là que, après avoir été un élève prodige du Titien, il devient un artiste reconnu et célébré. Mais les querelles intestines de la société vénitienne provoquent à la fois son triomphe et sa ruine.Metin Arditi livre un roman envoûtant, tant par les mondes dans lesquels il transporte ses lecteurs que par l’érudition de l’écrivain qui est une œuvre en elle-même : encres et calligraphies, couleurs, pigments et vernis, Venise et Constantinople, autant d’univers évoqués avec virtuosité. Ici, Metin Arditi présente brièvement son roman.

 Quant aux découvertes de cette saison, elles doivent à la passion et au talent de mon libraire de figurer ici

La plus récente est un roman de Michela Murgia, Accabadora (Seuil 2011). En Sardaigne, Tzia Bonaria est la « dernière mère », l’accabadora. Pour Maria, petite fille de six ans, elle est la seconde mère, celle qui lui donne éducation, soins, tendresse et instruction. Pourtant, la mystérieuse vie nocturne de Tzia Bonaria trouble profondément Maria. Devenue adolescente, en grand désarroi, elle s’éloigne et quitte l’île lorsqu’elle découvre un secret qui la terrifie. Autour d’une tradition ancestrale sombre, tragique mais apaisante, Michela Murgia tisse un roman puissant qui n’a toutefois rien de folklorique. Il montre, simplement mais avec une vive sensibilité, des personnages d’une totale humanité, aux prises avec leurs grandeurs et leurs bassesses, leurs sentiments profonds et vrais. On peut lire ici des explications sur la tradition de l’accabadora.

 Paru il y a quelques mois, D’acier (Liana Levi 2011) est le premier roman de Silvia Avallone. Au milieu de toutes sortes de trafics, entre maltraitance et prostitution, aux abords d’une usine qui broie littéralement les travailleurs, dans l’industrielle Piombino, face à l’île d’Elbe où vont les riches touristes, vivent deux adolescentes, Anna et Francesca. Leur vie quotidienne et celle de leur famille, leurs rêves, leurs désillusions, leur querelle et leur réconciliation, les amours de l’une, la solitude de l’autre, c’est un monde fracassé que l’auteure évoque avec réalisme et vivacité. Et sans doute n’a-t-elle rien inventé de cette sorte de chronique de la brutalité puisqu’elle a elle-même vécu à Piombino. Silvia Avallone répond ici à quelques questions de son éditrice, Liana Levi.

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Habemus Papam

Sélectionné au festival de Cannes 2011, le film de Nanni Moretti n’obtint aucune récompense. Pourtant … Michel Piccoli, en Pape malgré lui, est épatant.
Le film traite de la confiance en soi, mais aussi de la foi que les autres placent envers le chef, le guide, qu’il soit Pape ou autre. Il garde, volontairement, le silence sur la foi religieuse. Si Nanni Moretti égratigne avec brio et moqueries bien ajustées l’institution du Vatican ( mais aussi la psychanalyse…) ce n’est que pour mieux afficher la vanité et l’hypocrisie des rituels d’accés au pouvoir et des attributs de ce dernier. L’humour est bien présent, tout en  délicatesse…     site du film
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